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37- © Anja Ronacher, “Auge”, video installation, 2011
Rencontre avec Yves Chatap, commissaire associé de la 10ème édition des Rencontres de Bamako
Bonjour Yves, tu es commissaire de la 10ème édition des Rencontres de Bamako, biennale africaine de la...

37- © Anja Ronacher, “Auge”, video installation, 2011

Rencontre avec Yves Chatap, commissaire associé de la 10ème édition des Rencontres de Bamako


Bonjour Yves, tu es commissaire de la 10ème édition des Rencontres de Bamako, biennale africaine de la photographie. 

C’est la première fois dans l’histoire de la biennale que le commissariat de l’exposition principale est confiée à à une équipe de commissaires.
Comment cela s’est-il passé ?

La volonté de la directrice artistique, Bisi Silva, a été de donner la possibilité à de jeunes commissaires associés, Antawan Byrd et moi-même, de trouver une place. Ça a été une très belle expérience, qui s’est poursuivie, au-delà des expositions, dans l’ensemble de la programmation et le catalogue de la biennale.

Nous avons travaillé en étroite collaboration, dans l’échange et le partage. Bisi Silva nous a proposé de réfléchir à cette thématique Telling Time/ Conter le temps que nous avons trouvé d’actualité puisqu’il agissait de partir des derniers événements au Mali et de pouvoir réfléchir au développement que ce temps trouvait dans la photographie : comment raconter ce temps à travers l’image ?
[Ndlr : la 10ème édition de la biennale de Bamako devait initialement avoir lieu en 2013. Elle a été annulée puis reportée à 2015 suite au coup d’état qu’a connu le pays en 2012]

Nous avons sélectionnés 39 artistes sur 800 dossiers et fait le choix de montrer un maximum d’images par artiste, de mettre en avant des séries ou du moins des extraits conséquents, pour donner plus d’attention aux travaux dans leurs ensembles. Cela donne une sélection plus restreinte, plus resserrée, mais avec plus de visibilité pour chacun.

Nous nous sommes également orientés vers des travaux plus artistiques, plus plasticiens parfois plus conceptuels aussi. Le reportage et le documentaire restent bien entendu présents avec des travaux sur la crise au Mali, la révolution au Burkina, ou Ebola.
Nous avons souhaité montrer la diversité des approches, les nouvelles expériences que développait cette génération d’artistes sur le continent.

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Tu es également commissaire d’une exposition, intitulée « Tu m’aimes », seul cette fois. Comment l’as-tu conçue ? Quelles en sont les références ?

L’exposition Tu m’aimes est inspirée du Portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde.  Il me semblait utile de parler du corps dans cette thématique Telling Time : de la naissance, au vieillissement, à la mort. Je souhaitais évoquer ces temporalités mais aussi celles du désir, de la répulsion, du regard de l’autre, de la beauté, de l’abandon, de la transformation…
J’ai voulu ouvrir cette sélection à des artistes internationaux, en plus des artistes du continent et de la diaspora : il me semblait important de mettre en regard des approches diverses.

L’exposition réunit des œuvres d’ORLAN, Joel Andrianomearisoa, John Coplans, Nyadzombe Nyapenza  et Elise Vandewalle.

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L’exposition est présentée dans la Salle des Textiles du Musée National du Mali, qui présente une collection exceptionnelle de bogolans, indigos, broderies, textiles en laine, basin…
Comment s’est passé le travail de scénographie dans ce contexte particulier ?

Au premier abord, le travail de scénographie ne paraissait pas évident : le musée est conçu et possède ses propres pièces. Nous ne sommes pas dans le white cube, cet espace blanc prêt à accueillir des œuvres de manière linéaire.
Il s’agissait de relever ce challenge et de donner l’occasion aux visiteurs de voir en même temps ces pièces anciennes qui font partie du patrimoine malien, mais aussi de créer des liens avec les travaux que j’y emmenais.

Pour cela, j’ai visité l’espace plusieurs fois. Les idées ont évoluées au fur et à mesure, pour finalement orienter vers une installation qui permettrait au spectateur d’adopter différentes postures. J’ai choisi de marquer chaque salle avec quelques images, pour que tous ces textiles anciens et les images (photographies ou vidéos) dialoguent. Les textiles sont aussi en lien avec la réflexion sur le corps d’une part, et celle sur le temps d’autre part, puisque ce sont des vêtements traditionnels qui datent du 11ème au 15ème siècle.

Ainsi, les pièces anciennes et les images contemporaines se complètent. La beauté reste le lien entre cet espace et l’exposition. Le but était de créer une relation, une cohésion : montrer/cacher, dévoiler/révéler.

© Nobukho Nqaba, Umaskhenkethe likhaya lam series, 2012
Meeting John Fleetwood about the exhibition “Against Time” at the 10th edition of the Bamako Encounters
This group exhibition foregrounds the ways in which contemporary South African...

© Nobukho Nqaba, Umaskhenkethe likhaya lam series, 2012

Meeting John Fleetwood about the exhibition “Against Time” at the 10th edition of the Bamako Encounters

This group exhibition foregrounds the ways in which contemporary South African photographers engage ideas of time in relation to the nation’s two decades since democracy (1994-2014). This work is drawn from the Tierney Fellowship’s programme, a partnership between the Market Photo Workshop, Michaelis School of Fine Art, University of Cape Town and the Wits School of Arts, which has supported talented emerging photographers since 2008. Featured photographers include Ashley Walters, Juan Orrantia, Mack Magagane, Nobukho Nqaba, Paul Samuels and Sipho Gongxeka.

Exhibition “Against Time” - The Tierney Fellowship Project in South Africa
Curators: John Fleetwood with Jo Ractliffe and Svea Josephy
A themed exhibition featured at Bamako Encounters, African Biennale for Photography

31 October - 31 December 2015
Modibo Keita Memorial Centre
Bamako, Mali

© Omar Victor Diop, Joel, 2011, Le studio des vanités, Courtesy Galerie MAGNIN-A, Paris.
Rencontre avec Omar Victor Diop, à l’occasion de son exposition à la Galerie du Jour Agnès b. en collaboration avec la Galerie Magnin-AL’exposition Portrait(s)...

© Omar Victor Diop, Joel, 2011, Le studio des vanités, Courtesy Galerie MAGNIN-A, Paris.


Rencontre avec Omar Victor Diop, à l’occasion de son exposition à la Galerie du Jour Agnès b. en collaboration avec la Galerie Magnin-A

L’exposition Portrait(s) Malick Sidibé X Omar Victor Diop visible jusqu’au 19 mars à Paris met en regard des images de ces deux photographes : deux générations, deux pays d’Afrique de l’Ouest (le Mali et le Sénégal), argentique et numérique, noir & blanc et couleurs… Et un point commun : le studio.

À la découverte de la nouvelle génération du monde culturel dakarois et au croisement des pratiques de la photographie (la mode, la documentation, l’art) : rencontre avec Omar Victor Diop.

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© Omar Victor Diop, Art Comes First, 2016, Le studio des vanités, Courtesy Galerie MAGNIN-A, Paris.


Bonjour Omar, peux-tu nous parler de la série que tu exposes actuellement ici, à la Galerie du Jour Agnès B. ?

Cette série s’intitule « Le studio des vanités ». Il s’agit de portraits d’artistes et de personnalités du jeune monde culturel dakarois, et ouest africain in extenso.
C’est un peu comme un journal de bord qui grandit avec moi, avec ma pratique photographique. Il s’agit de rencontres parfois fortuites, parfois programmées, avec des jeunes de ma génération qui ont choisi de faire de l’art leur profession, et qui changent les choses au fur et à mesure avec des initiatives qui apportent une certaine diversité dans l’offre de proposition créative à Dakar, Abidjan, Lagos, etc.

Je l’ai commencée en décembre 2012 et je crois qu’elle sera aussi longue que ma carrière, donc j’espère longue. J’en suis environ à une centaine de portraits. Le studio des vanités n’est pas un lieu physique, il me suit dans mes valises, vu que je n’ai besoin que d’un mur, d’accessoires et de décors.

Comment t’est venue cette idée du studio des vanités ? L’inscris-tu dans une histoire de la photographie en particulier ? Quelles sont tes inspirations, tes références ?

Après coup, je me rends compte que la construction de cette série est un phénomène tout à fait naturel. La photo de studio est omniprésente dans les familles ouest-africaine. Après le verre d’eau, la première chose qu’on offre aux invités, c’est l’album photo de famille. Des photographies très posées de gens sur leur 31, lors des baptêmes, des différents passages à la Mecque, des mariages, etc. Quelque part, tôt ou tard, c’est une chose que j’aurais faite.

Je me suis toujours estimé très chanceux de faire partie de cette génération 80 urbaine africaine, à telle enseigne que j’ai éprouvé le besoin de documenter à ma façon ce bouillonnement et cette diversité de profils dans la scène culturelle. C’est donc logiquement que j’ai commencé à travailler sur cette série.

Les influences, il y en a beaucoup. Evidemment, il y a Mama Cassé, qui était le photographe de mon grand père. Son portrait est dans le salon (rires). Seydou Keita, Malick Sidibé bien entendu. Samuel Fosso, Depara. Et des photographes, qui ne sont pas africains mais qui ont aussi évolué dans le studio : Jean-Paul Goude, Annie Leibovitz. Ce sont des portfolios qui sont des références pour moi.

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© Malick Sidibé, Avec ses deux femmes, 1979, Courtesy Galerie Agnès b, Paris.

Comment perçois-tu le dialogue de tes images avec celles de Malick Sidibé dans le cadre de cette exposition ?

C’est l’honneur ultime. C’est à la fois un encouragement et une reconnaissance. Mon travail est tout jeune par rapport à l’oeuvre de Malick Sidibé.

C’est une pression positive, une responsabilité. Cela signifie que j’ai intérêt à aller de l’avant et ne pas faire de chute qualitative, à la fois dans mon processus de sélection et dans mon traitement de l’image.

Ce qui me touche énormément c’est que les gens vont au-delà de l’aspect purement esthétique. Entre le moment où j’ai envisagé de faire cette série et celui où j’ai fait le premier portrait, il y a eu une longue période d’hésitation, parce que j’avais très peur qu’on ne pense que ce que je voulais faire c’était du joli Malick Sidibé en couleurs et en numérique. Alors que justement je pense que des portfolios comme le sien ou celui de Seydou Keita sont des documents sociologiques, ce sont des sources historiques. J’espère que le Studio des vanités va rentrer dans cette catégorie là d’ici quelques années.

Nous nous sommes rencontrés la première fois aux Rencontres de Bamako en 2011. C’était si je ne me trompe pas ta première exposition. Tu y exposais « Le futur du beau ».
Je retrouve dans les deux cas un grand travail de mise en scène et un jeu de performance de la part des sujets qui sont vraiment acteurs de tes images. Qu’est ce qui rapproche ces deux séries d’après toi ?

Le Futur du beau était une sorte d’entrainement avant le Studio des Vanités. Il y avait le travail de composition. J’ai créé les différentes tenues que les modèles portaient, à partir de produits recyclés de ma propre consommation. En terme de pratique, le Studio est pour moi l’étape suivante. Je passe de l’exercice très scolaire où le challenge était dans la réalisation de ces tenues, à une étape où le décor devient une extension de mon sujet, il permet de raconter mon sujet car il est un élément de contexte qui dit beaucoup sur lui.

La série suivante, c’était Diaspora, qui est là aussi du portrait très posé en studio, mais où je suis des deux côtés de la caméra. Il y a toujours ce dialogue entre le décor et la narration.

Aujourd’hui, comment s’articule ta pratique photographique, entre mode et art ?

Je ne parviens pas à faire cette dichotomie entre photographie de mode et photographie artistique. Je pense que la photographie de mode est un langage que j’emprunte pour exprimer une opinion artistique. J’ai un fort besoin esthétique que la mode me permet d’assouvir.

Pour moi, la photographie de mode permet de raconter une société et surtout ses aspirations. Quand j’invite quelqu’un au Studio des Vanités et qu’on a une conversation sur le style, on parle de vintage, d’accessoires et de choses qui ont parlé à cette personne pendant son enfance. Ici on parlerait d’une robe Courrèges ou d’une petite robe noire de Karl Lagerfeld. C’est un exercice sociologique, en faisant cela on fait échos à des aspirations d’hier et de maintenant. Je considère moins la photographie de mode comme un exercice commercial que comme une sous-discipline de la photographie tout simplement.

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© Omar Victor Diop, Selly, 2012, Le studio des vanités, Courtesy Galerie MAGNIN-A, Paris.

Rencontre avec Malala Andrialavidrazana à la 10ème édition des Rencontres de Bamako, biennale africaine de la photographieBonjour Malala, peux tu nous parler de ton travail, de ta démarche ?
Ce travail s’intitule Figures. C’est une nouvelle série que...

Rencontre avec Malala Andrialavidrazana à la 10ème édition des Rencontres de Bamako, biennale africaine de la photographie

Bonjour Malala, peux tu nous parler de ton travail, de ta démarche ?

Ce travail s’intitule Figures. C’est une nouvelle série que je me plais à appeler « broderies digitales » où je superpose des cartes anciennes du 19è siècle avec des éléments que j’ai extrait le plus souvent de billets de banque - ceux là sont plus ou moins anciens ou contemporains -, et parfois j’utilise aussi d’autres documents d’archives personnelles, qui eux sont essentiellement des pochettes de disque de mon adolescence jusqu’à ce que j’ai cessé d’écouter des 33 et 45 tours.

Cette série relève d’un emploi plus plasticien de la photographie : elle est manipulée, découpée, superposée, entrecroisée… Tu es une des rares dans la sélection de cette année à travailler de cette manière. Est-ce récurent dans ta démarche ?

Au tout début quand j’ai commencé à construire mon travail artistique personnel, c’était très présent. Puis j’ai pris de la distance avec ce processus, et je suis revenue dessus. Au Salon Urbain de Douala en 2013, j’ai aussi utilisé cette technique de photocollage, photomontage.

Ça n’a jamais été très mis en avant dans mon travail parce que le corps photographique plus classique avait pris le dessus. Je ne sais pas pour quelle raison, ça s’est fait comme ça. Quand j’ai commencé à réaliser cette série, c’était une période où je me disais depuis un moment que j’avais envie de me remettre à dessiner, à réutiliser la vidéo aussi, à réutiliser d’autres médiums.
Au départ, j’ai une formation d’architecte. Au moment de la construction de la série, j’ai retrouvé ces gestes de composition : rassembler les matériaux pour pouvoir reconstruire quelque chose de neuf.

L’intérêt pour moi de revenir vers ces archives était de retrouver une manière de les relire par rapport à toutes les connaissances qu’on a accumulé depuis qu’elles ont été produites au 19è siècle.
Et plastiquement, l’équilibre nécessaire au moment de l’assemblage de toutes ce figures, c’était un exercice formidable parce ça donne une autre contrainte que celle que j’avais quand j’ai réalisé ma série précédente, plus photographique justement.

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Est-ce que ça parle de Madagascar aussi ? Y a-t-il une relation spécifique à ton pays d’origine dans ton travail en général ? Ou pas du tout ?  

Très honnêtement sur les cartes présentées ici à la Biennale de Bamako, il y a 3 images, aucune n’est focalisée spécifiquement sur Madagascar.
J’ai toujours abordé les territoires par rapport aux identités qui sont susceptibles de les définir. Je suis très attirée par des territoires plutôt urbains, cosmopolites, multiculturels, multireligieux, etc. Selon les moments, les rencontres, du pays où j’étais avant et ce que je prépare pour la suite, les projets peuvent avoir différentes directions. Mais jamais sur une unique culture en particulier. Je préfère privilégier des problématiques liées à l’urbain dans toute les diversités des cultures.

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Quel est ton rapport à la Biennale de Bamako ? Quel est l’intérêt de participer selon toi ?

J’avais déjà participé en 2005 à la 6ème édition. J’en avais gardé un grand souvenir, je suis toujours heureuse de participer à des biennales et des festivals, malgré la contrainte des appels à candidatures, un système qui me parait souvent biaisé.
Donc je n’ai jamais été très motivée à candidater et lorsque je le fais, cela part plus d’une invitation reçue de la part d’un commissaire. En l’occurrence pour cette édition, Bisi Silva et son équipe de commissaires (Antwan Byrd et Yves Chatap) ont été très actifs et encourageants pour engager les artistes à postuler.
Cela fait 3 ans que je mène ma barque un peu toute seule. J’avais besoin de retrouver une visibilité que m’apporte la biennale.

Une visibilité internationale ? Un marché spécifique ?

S’il  y a un marché, je veux bien qu’on me dise où il est. Il n’y a pas d’acheteur ici. J’ai fait une donation de ces 3 tirages au Musée National du Mali, qui lui même n’a pas d’argent pour acheter.
Les Rencontres de Bamako, c’est avant tout des rencontres ! On rencontre d’autres photographes, on peut discuter, faire avancer des débats et des projets. Il s’agit d’échanger, de dialoguer, de construire, de parler de la société en général et pas seulement du petit marché de l’art. Et puis vous êtes là aussi ! Les journalistes, les commissaires…

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Pour en savoir plus sur Malala Andrialavidrazana : http://www.andrialavidrazana.com

Crédits photos :
1 - Malala Andrialavidrazana devant “Figures 1862, Le Monde Principales Découvertes” aux Rencontres de Bamako 2015, © Tom Piel ;
2- “Figures 1862, Le Monde Principales Découvertes”, 2015 © Malala Andrialavidrazana ;
3 - Vue de l’exposition Panafricaine de la 10ème édition des Rencontres de Bamako, biennale africaine de la photographie © Emmanuelle Cordonnier

Rencontre du photographique, du narratif et du digital, nous avons expérimenté The Retroscope Project lors de notre visite du dernier salon Maison&Objet
En empruntant le parcours d'inspiration “Nature made”, on pénètre dans une exposition en...

Rencontre du photographique, du narratif et du digital, nous avons expérimenté The Retroscope Project lors de notre visite du dernier salon Maison&Objet

En empruntant le parcours d'inspiration “Nature made”, on pénètre dans une exposition en apparence classique. Les images de la série Forest du photographe japonais Yasuyuki Takagi, représenté par la galerie Artligue, sont accrochées aux murs. En noir et blanc ou en couleurs, cette forêt millénaire du sud du Japon apparait fantastique, intemporelle, presque irréelle.

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Sur les recommandations données à l'entrée, on positionne un Iphone qu'on nous a prêté devant une des photographies. Sur l'écran rien d'anormal au début, l'image photographique au mur est bien là. Au bout de quelques secondes, elle prend vit sur l'écran et une histoire animée commence : la pluie se met à tomber, des oiseaux se disputent et s'envolent, un personnage traverse un ruisseau…

En s'inspirant du Classic Viewmaster et du film muet, l'agence de communication visuelle Amana a développé une proposition créative autour des photographies de Yasuyuki Takagi. Le Classic Viewmaster est remplacé par l'application Arart (technologie de réalité augmentée) sur Iphone, un film d'animation y est intégré et le spectateur regarde à la fois le tirage photographique et le film qu'il a inspiré.

Le télescopage des œuvres et des perceptions brouille les pistes entre réel et digital.

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À travers l’univers labyrinthique de Julie Mehretu, nous pouvons prendre le temps d’une mise en abyme de notre condition urbaine.
Née en 1970 à Addis Abbeba, Julie Mehretu est une artiste peintre installée à New York et représentée par la Marian...

À travers l’univers labyrinthique de Julie Mehretu, nous pouvons prendre le temps d’une mise en abyme de notre condition urbaine.

Née en 1970 à Addis Abbeba, Julie Mehretu est une artiste peintre installée à New York et représentée par la Marian Goodman Gallery. Ses toiles et ses fresques monumentales sont exposées aussi bien au MoMA de New York que dans le hall d’entrée du siège de la banque Goldman Sachs.

Julie Mehretu cherche la perspective, déplace son regard, le pose puis le déplace à nouveau au moment de la création. Ce processus se révèle dans la peinture une fois achevée, il saute aux yeux du spectateur. En contemplant ces toiles énergiques, actives et mouvantes, on découvre un palimpseste contemporain. La ville est envisagée comme un ensemble de calques qui se superposent et s’entrechoquent. Les peintures de Mehretu sont la retranscription d’un mouvement quasi atomique dans un univers confiné.

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La puissance narrative du chaos urbain est conservée dans ses dessins qui font appel à des références visuelles comme Georges Mathieu, Cy Twombly ou les dessins automatiques des Surréalistes…

Sa dernière apparition publique que nous avons su pister est celle de cette rencontre au High Museum of Art en Avril 2014, si vous voulez en savoir plus.

Julie Mehretu, Empirical Construction
Julie Mehretu, Mind Breath Drawing, 2012, Graphite sur papier, 55,88 x 76,20 cm © Julie Mehretu Courtesy The artist and Marian Goodman Gallery, New York/Paris
Julie Mehretu, Dispersion, 2002, encre et acrylique sur toile, 90 x 144 inches. Collection Nicolas Rohatyn & Jeanne Greenberg Rohatyn. Photo Erma Estwick. © Julie Mehretu Courtesy Marian Goodman Gallery

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La maison d’édition de mobilier contemporain Specimen met à l’honneur la nouvelle génération de designers français et internationaux. Les meubles, objets et luminaires édités par Specimen naissent d’un coup de foudre pour l’élégance esthétique d’un...

La maison d’édition de mobilier contemporain Specimen met à l’honneur la nouvelle génération de designers français et internationaux. Les meubles, objets et luminaires édités par Specimen naissent d’un coup de foudre pour l’élégance esthétique d’un projet, la poésie et la créativité d’un designer. Qu’elles soient éditées en série limitée ou en série industrielle, Specimen fait appel aux meilleurs artisans et industriels français et européens pour réaliser ses pièces.

Lancé en 2010 par Tristan Pannier et Alaric Miaume, Specimen présentait une première collection audacieuse et sensible, avec notamment une pièce incontournable de leur philosophie : Dupleix de Constance Guisset, une cage surmontée d'un aquarium. Un objet destiné à favoriser une rencontre visuelle entre un poisson et un oiseau, rendre possible la fusion entre le monde aérien et le monde aquatique.

Depuis, Specimen a orienté son engagement vers un design plus axé sur le fonctionnel au quotidien mais toujours poétique, avec des pièces qui questionnent l’interaction entre le meuble et l’objet du collectif japonais Nendo, les coupelles Caraïbes et Flamingo en milliers de lamelles de papier aux couleurs nuancées de Grégory Lacoua, les vases en béton Weight de Decha Archjananun…

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Les créations d'Eleanor Bolton sont à la fois bijoux, design textile et sculpture. Diplômée du Royal College of Art et basée à Londres, elle développe une technique du travail du coton, qu’elle enroule et coud, pour créer des bijoux légers aux formes...

Les créations d'Eleanor Bolton sont à la fois bijoux, design textile et sculpture. Diplômée du Royal College of Art et basée à Londres, elle développe une technique du travail du coton, qu’elle enroule et coud, pour créer des bijoux légers aux formes géométriques.

Attentive au processus de création et à l’expérience esthétique, Eleanor Bolton s’intéresse aux mouvements, aux contrastes colorés et aux rapports qu’entretient le corps à la matière. Elle puise ses références dans le quotidien (des nœuds de marin aux câbles de téléphone), l’histoire de la joaillerie, de l’art contemporain et de l’artisanat.  

Nous avons découvert son travail avec la Black collection, il y a deux ans. En 2014, Eleanor Bolton lance la collection Mondrian en s’inspirant des couleurs du mouvement De Stijl et des œuvres de Pietr Mondrian. Elle renforce les jeux de structures des pièces en travaillant l’équilibre des rapports colorés.

On trouve ces bijoux en vente sur le site de la créatrice, dans des galeries de design et des boutiques de mode.

Images © Eleanor Bolton

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Rassembler les artistes français de l'art contemporain et leurs collectionneurs pour promouvoir l'art et le mécénat : telle est la mission d’Art [ ] Collector, un projet de mécénat privé lancé en 2011 par les collectionneurs Evelyne et Jacques Deret....

Rassembler les artistes français de l'art contemporain et leurs collectionneurs pour promouvoir l'art et le mécénat : telle est la mission d’Art [ ] Collector, un projet de mécénat privé lancé en 2011 par les collectionneurs Evelyne et Jacques Deret. Tout au long de l’année, des collectionneurs invitent un artiste de leur collection à exposer dans l’espace du Patio Opéra.

L’exposition de la rentrée, L’aire des aurores de Claire Chesnier dont le commissariat est assuré par Léa Bismuth, présente des œuvres récentes proposées à la vente en partenariat avec la Galerie du jour agnès b. et des pièces emblématiques des années précédentes, prêtées par des collectionneurs privés qui soutiennent le travail de Claire Chesnier.

L’art abstrait de Claire Chesnier nous confronte au processus de recouvrement de la surface. À partir des formes colorées aux contours nets, on s’interroge sur le geste : le rapport entre le corps de l’artiste, le dépôt et le déploiement de l’encre. La subtilité des dégradés et la délicatesse des lumières qui se dégage des œuvres évoquent une recherche sur la matérialité et la fluidité, la fixation et la souplesse.

Un travail artistique que l'on peut découvrir à travers le regard des collectionneurs, au studio du Patio Opéra du 23 septembre au 5 octobre 2014, de 12h à 19h et sur rendez-vous (contact@art-collector.fr).

Parmi la nouvelle génération d’architectes intégrant l’urbanisme de proximité à leurs réalisations, l’anglo-ghanéen David Adjaye semble incontournable.
Pendant plus de 10 ans, David Adjaye a parcouru par intermittence le continent africain de part en...

Parmi la nouvelle génération d’architectes intégrant l’urbanisme de proximité à leurs réalisations, l’anglo-ghanéen David Adjaye semble incontournable.

Pendant plus de 10 ans, David Adjaye a parcouru par intermittence le continent africain de part en part, de capitale en capitale, pour revenir avec un livre aussi monumental que son sujet puisqu’il nous donne à voir la quasi totalité des architectures contemporaines des grandes villes africaines.

African Metropolitan Architecture, a photographic survey of metropolitan architecture, édité chez Rizzoli New York par Peter Allison, est un coffret de sept livrets soignés et agréables à lire qui relèvent haut la main le challenge éditorial de rendre compte d’un continent entier sur papier.

David Adjaye n’hésite pas à déconstruire le continent pour mieux en faire sortir les particularités. Les architectures Africaines se révèlent à travers le prisme des différentes zones climatiques. L’évidence de ce propos saute aux yeux en partie grâce à la quantité de photos illustratives. Ces dernières ne satisferont pas l’œil attentif d’un perfectionniste de l’image fixe mais contenteront le lecteur curieux.

Pour nous, David Adjaye c’est un peu l’homme qui a voulu voir la fin de l’histoire sans fin. Un Marco polo qui nous a fait découvrir plus que ce à quoi on s’attendait.

Si vous désirez aller plus loin, on vous conseille cette courte conférence filmée de David Adjaye (en anglais) : http://vimeo.com/27256690